En mars 2020, lorsque la COVID-19 a été déclarée une pandémie, des changements se sont imposés dans la vie quotidienne. Pour les établissements d’enseignement postsecondaire, cela s’est traduit par la fermeture des campus et le déplacement en ligne des cours en présentiel.

Des administrations ont fait pression pour que la transition des cours en présentiel aux cours en ligne se fasse immédiatement, avec peu de soutien pour les chargées et chargés de cours et sans aucun temps consacré à garantir que l’enseignement en ligne soit accessible et de haute qualité pour les étudiantes et étudiants – sans parler du montant que les étudiantes et étudiants avaient déjà payé pour leurs cours. Aucun effort pour assurer la poursuite immédiate des études n’a été déployé dans l’intérêt des étudiantes et étudiants. Les décisions ont été prises dans le but d’assurer que les établissements d’enseignement postsecondaire ne subissent aucune perte de revenus, dont la majeure partie provient des frais de scolarité facturés aux étudiantes et étudiants.

De même, les plans de réouverture des campus ne sont pas élaborés en tenant compte des étudiantes et étudiants et des travailleuses et travailleurs sur les campus. Le manque d’action gouvernementale pour soutenir les étudiantes et étudiants de la province a déjà poussé nombre d’étudiantes et d’étudiants à se demander comment ils pourront payer la prochaine année scolaire. Sans un soutien gouvernemental accru, les établissements ont peu fait pour aider utilement les étudiantes et étudiants à un moment où ils ont besoin d’une baisse de frais de scolarité, d’un soutien accru en matière de santé mentale et d’une aide financière majorée sous forme de bourses et de subventions non remboursables. En même temps, les établissements laissent de côté celles et ceux qui seront le plus touchés par les plans de réouverture, car ils vont de l’avant sans consulter véritablement les étudiantes et étudiants ainsi que les travailleuses et travailleurs.

La priorité accordée par les établissements aux profits plutôt qu’aux besoins des étudiantes et étudiants n’est pas unique à la pandémie de COVID-19. Des décennies de coupes dans le financement public de l’éducation – suivies d’un sous-financement continu – et de changements de priorités gouvernementales et institutionnelles ont fait que l’enseignement postsecondaire est aujourd’hui traité comme une entreprise du secteur privé. Alors que le financement public continue de diminuer et que les frais de scolarité continuent d’augmenter, les campus de l’Ontario ont constaté une augmentation du travail à statut précaire et de la taille des classes ainsi qu’un glissement vers la corporatisation et la privatisation.

Cette pandémie a mis en évidence ce que les étudiantes et étudiants, les professeures et professeurs ainsi que les travailleuses et travailleurs sur les campus savent depuis longtemps : un système d’enseignement postsecondaire qui dépend trop des frais de scolarité et des sources de financement privées n’est pas viable et constitue un obstacle à l’offre d’une éducation abordable, accessible et de qualité. Tout est en train de changer autour de nous. Nous devons saisir cette occasion pour nous unir et appeler à la revitalisation d’un système d’enseignement postsecondaire gratuit, de haute qualité et financé par les deniers publics.