Plan de l’Ontario pour la durabilité à long terme du secteur d’enseignement supérieur : les étudiantes et étudiants accueillent favorablement le financement, mais le ministère est loin du compte en ce qui concerne l’abordabilité
TORONTO (ONTARIO) — En réponse à la récente annonce du ministère des Collèges, des Universités, de l’Excellence en recherche et de la Sécurité (MCUERS), la Fédération reconnaît et accueille favorablement l’investissement dans le financement de fonctionnement comme un pas dans la bonne direction, bien que certains éléments de cette annonce soulèvent nombre d’inquiétudes et de questions. Bien que ce gouvernement présente cette annonce de financement comme un « investissement générationnel », il est clair que ce financement ne répond pas aux besoins immédiats des étudiantes et étudiants d’aujourd’hui ni à ceux des étudiantes et étudiants de demain.
« Par cette annonce, le gouvernement démontre qu’il est prêt à ouvrir les cordons de sa bourse et à financer le système d’enseignement postsecondaire de l’Ontario quand il le veut. Toutefois, l’augmentation des droits de scolarité et le changement apporté au cadre de répartition du RAFEO, qui accorde la priorité à un plus grand nombre de prêts étudiants, entraîneront plus de dettes et un fardeau financier encore plus lourd pour les étudiantes et étudiants, ce qui va à l’encontre de l’annonce de financement destiné à ces mêmes étudiantes et étudiants », affirme Cyrielle Ngeleka, présidente de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants–Ontario.
Nouveau modèle de financement à long terme :
Les investissements dans le financement de fonctionnement constituent un important pas dans la bonne direction, surtout pour un secteur qui est sous-financé depuis 20 ans. Cette annonce reflète les domaines pour lesquels la Fédération fait des plaidoyers et des recommandations depuis longtemps, en particulier avec des investissements dans les collèges et les universités du Nord, dans l’éducation en français et dans les établissements autochtones. L’investissement de 6,4 milliards de dollars sur quatre ans, qui se traduit par un financement annuel de fonctionnement de 7 milliards de dollars, découle de plusieurs années de pressions exercées par les étudiantes et étudiants et le secteur à la fois et met en évidence un besoin urgent de financement immédiat et durable.
Modifications apportées au cadre de subventions et de prêts du RAFEO :
Le cadre changeant du RAFEO pour l’affectation de fonds ne prévoit aucun investissement direct dans le programme du RAFEO et fait passer efficacement le RAFEO d’un programme de subventions à un programme de prêts. En pleine crise du chômage chez les jeunes et vu la précarisation croissante du marché de l’emploi, cette décision préjudiciable fera en sorte qu’un plus grand nombre d’étudiantes et d’étudiants obtiennent leur diplôme plus endettés que jamais, compromettant du coup leur avenir financier. Ces modifications, jumelées à une augmentation des droits de scolarité et à la décision du ministère de continuer à transférer le fardeau du coût de l’éducation aux étudiantes et étudiants, n’auront pas pour effet de stabiliser le RAFEO. Au contraire, elles empêcheront les étudiantes et étudiants d’accéder à l’aide dont ils ont besoin.
Mise à jour du cadre en matière de droits de scolarité :
L’annonce faite par le gouvernement d’augmenter les droits de scolarité de 2 % par année au cours des trois prochaines années ne contribue pas à un système d’éducation durable et ne procure aucun sentiment de prévisibilité aux étudiantes et étudiants et aux familles. En outre, l’Ontario a le plus grand secteur postsecondaire au pays, ce qui le rend incomparable à celui d’autres provinces, comme la Colombie-Britannique et le Manitoba; pourtant, les étudiantes et étudiants de l’Ontario paient parmi les droits de scolarité les plus élevés comparativement à ceux d’autres provinces. L’élimination du gel des droits de scolarité de 2019, qui heurte les étudiantes et étudiants de plein fouet, va à l’encontre de la position défendue par le gouvernement ces dernières années.
« La nouvelle d’aujourd’hui laisse les étudiantes et étudiants inquiets de l’état de l’éducation et sans réponses à leurs questions sur les règlements associés au projet de loi 33, le sort réservé aux étudiantes et étudiants internationaux en matière de droits de scolarité et les importantes coupures de programmes que subit le secteur. Les étudiantes et étudiants sont dans l’incertitude quant à la longévité de leurs programmes respectifs et à la possibilité d’obtenir un diplôme », ajoute Cyrielle Ngeleka.
La Fédération canadienne des étudiantes et étudiants–Ontario est l’organisation étudiante la plus ancienne et la plus importante de la province, représentant plus de 350 000 étudiantes et étudiants dans des collèges et universités de toutes les régions de l’Ontario.
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Kayla Weiler, coordonnatrice des relations avec le gouvernement et des politiques : k.weiler@cfsontario.ca ou 519 901-0273
Cyrielle Ngeleka, présidente de la FCEE–Ontario : c.ngeleka@cfsontario.ca